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L'histoire de la DMC-12

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La DMC-12 : une voiture hors du temps

Là où elle allait, elle n'avait pas besoin de succès. La DMC-12, plus souvent appelée par le nom de son constructeur DeLorean, est la seule voiture jamais conçue et produite par la DeLorean Motor Company (DMC). Fantasmé dès 1976, ce coupé futuriste ne fut fabriqué qu'entre 1981 et 1983 et l'ambition que lui avait insufflée son controversé créateur John Z. DeLorean ne suffit pas à marquer le monde de l'automobile.
L'histoire de la DeLorean c'est alors celle d'une voiture qui a démarré pleine de promesses, mais aussi celle d'un monumental raté que le monde a choisi d'élever au rang d'icône de pop culture par excellence. De nombreux néophytes n'imaginent pas que des DMC-12 eurent un jour caressé le bitume du monde réel. Et pour cause ! La DeLorean n'a connu le succès que 3 ans après sa mort, en 1985, lorsqu'un coup de main du destin l'eut mise au casting de la mythique trilogie de science-fiction Retour vers le Futur. Aujourd'hui, la DeLorean est une star intemporelle qui a vu défiler bien plus de kilomètres de pellicule que de goudron. La voiture de Doc Brown qui s'est vu ajouter "machine à voyager dans le temps" à la liste de ses options a su faire oublier son tumultueux passé, mais la véritable histoire de la DeLorean reste malgré tout digne d'un court-métrage au scénario bien corsé !

Le projet DSV 1 : DeLorean à contre-courant

Qu'importe ses frasques, sa personnalité sulfureuse et les accusations variées dont il a fait l'objet, le père de la DeLorean DMC-12 avait incontestablement un don précieux pour concevoir des automobiles. Créateur entre autres des plus emblématiques modèles des écuries Pontiac, le vice- président de General Motors fonda sa propre DeLorean Motor Company en 1975 pour y exprimer ses idées à contre-courant du marché automobile américain.
John Delorean se lassait de ces grosses berlines gourmandes. Lui rêvait d'efficience et de renouveau. DMC devait mettre sur roue un bolide à la fois sportif, sûr, racé, et "éthique". À l'heure où l'industrie comptait vendre une voiture neuve tous les 5 ans, DeLorean, lui, voulait créer une voiture qui dure dans le temps. En octobre 1976, le concept DSV (pour DeLorean Safety Vehicle) vit le jour, et les bases de la future DMC-12 furent posées.

Un look hors du temps

Un vieil homme a un jour dit que la DeLorean avait "de la gueule". Cette allure, la voiture l'a acquise dès le concept DSV grâce à l'ingénieur en chef de DMC William Collins ainsi qu'à un certain Giorgetto Giugiaro, designer star d'Ital Design a qui l'on devait également la tout aussi singulière Lotus Esprit.
Dès lors, l'ébauche de la DeLorean obtint sa ligne raide caractéristique, ainsi que ses portes en ailes de mouette en guise de clin d'œil à la 300SL de Mercedes que John DeLorean affectionnait. Enfin, le concept DSV choisit une audacieuse carrosserie en fibre de verre recouverte d'acier inoxydable brossé brut, dénué de peinture, mais ô combien original !
Déjà étourdi par la perspective du succès, DeLorean fit produire trois voitures plaquées d'or 24 carats dès 1980. Ce ne fut ensuite qu'en 1981 que la production de la véritable DMC-12 grand public débuta.

La DMC-12 : retour sur un échec

Une mécanique prometteuse

Moins sportive dans la réalité que dans le scénario original, la DeLorean DMC-12 ne manquait pourtant pas d'atouts en gage de plaisir de conduite. Elle emprunta ainsi le châssis à poutre centrale de Lotus, combiné à des suspensions à quatre roues indépendantes et des amortisseurs hydrauliques. De quoi épater par sa tenue de route, en dépit même de son moteur arrière placé loin derrière l'essieu. Ce moteur était le PRV V6, le six cylindres franco-suédois de 2.85L pour 130ch créé par Peugeot, Renault et Volvo. Il remplaça le Wankel originellement prévu pour des raisons de disponibilité, de pollution, et d'homologation aux USA. Côté boîte, la DMC-12 piocha chez Renault une boîte manuelle à 5 rapports montée de série, ou une boîte automatique à 3 rapports disponible en option.
Le "futur", la DeLorean le portait alors surtout dans ses nombreux accessoires de série, tels que l'air conditionné, les vitres et rétroviseurs électriques, la fermeture centralisée, l'autoradio cassettes, la lunette arrière dégivrante, et plus encore. Bref, "une voiture qu'elle est bien pour la conduire", qui n'avait pas de quoi rougir face à une Safrane série limitée Palme D'or !

Une production douteuse

Même sans convecteur temporel, la mise en production de la toute première voiture DMC ne fut pas une mince affaire. Les débuts de la DeLorean prirent alors une tournure politique lorsque son constructeur décida d'implanter son usine à Dunmurry, une banlieue de Belfast en proie au chômage et au conflit entre l'IRA et la Couronne. Pour pacifier la région, la DMC offrit alors 2500 emplois en échange d'un chèque en blanc (120 millions de dollars au total) de la part du gouvernement britannique. L'objectif : mettre sur roues 30 000 DMC-12 chaque année, principalement pour le marché américain.
Une fois l'usine construite, la production de la DeLorean s'étala sur les années 1981 et 1982, pour un résultat plus que mitigé.

Un faux départ, sans seconde chance

Malheureusement, la DeLorean apprit par la manière forte qu'une mauvaise première impression peut être fatale. Les premières séries de 1981 ne furent pas à la hauteur à bien des niveaux. La main d'œuvre irlandaise non qualifiée impliqua une qualité de finition très aléatoire, et la fiabilité de la DMC-12 laissait à désirer. Ses nombreuses options électriques ne pouvaient pas relever le niveau du fait de son alternateur de base trop faiblard pour les utiliser convenablement. Et la liste des accrocs ne s'arrêtait pas là !
Ses performances ? Loin d'être concluantes. Son look ? Il ne suffit pas à attiser la curiosité du marché américain, d'autant que sa carrosserie en acier n'était ni facile à réparer, ni fiable à peindre, ni même correctement immunisée contre la rouille.
Enfin, son prix... Si la DMC-12 tirait son nom du prix de vente escompté (12 000$), il doubla à sa sortie pour finalement atteindre la bagatelle de 34 000$ en fin de carrière. Plutôt cher pour 88 miles à l'heure !

Clap de fin

En tant que premier modèle, le revers de la DMC-12 s'est achevé en gouffre financier. L'échec commercial combiné aux frais engendrés par l'inévitable multiplication des contrôles qualité mit le constructeur en péril dès 1982. John DeLorean tenta d'insuffler un dernier espoir au succès de sa voiture en l'accompagnant d'une garantie de 5 ans ou 80 000km, mais ses démêlés avec le FBI pour trafics en tout genre et détournements de fonds eurent finalement raison de la DMC.
En octobre 1982, la DeLorean appartient au passé, et seuls quelques 8583 exemplaires ont vu le jour. Cependant, les nombreuses pièces détachées disponibles chez les revendeurs ont permis la production des véhicules neufs jusqu'en 1983, et la légende en devenir de la DeLorean n'en est pas restée là.

De retour, dans le futur

Un rêve brisé, un protagoniste complexe, des péripéties et des rebondissements à foison, l'épopée de la DeLorean est une fascinante tragédie. Si la DMC-12 a sa place parmi les échecs les plus notables de l'automobile, son esprit à la fois futuriste et démodé avant l'heure suffit à la faire renaître dans le futur, sur grand écran et à jamais dans la pop culture.
Dès 1995, un entrepreneur texan racheta les pièces, les droits et la marque DMC, afin de monter la DeLorean Motor Company of Texas et de donner une seconde vie au parc DMC-12.
Le rêve farfelu de John DeLorean pourrait également faire son grand retour au 21ème siècle, dans une version aux équipements et aux performances modernisés qui préserverait cependant sa ligne d'origine. Finalement, d'époque en époque, la machine du Doc n'a pas encore fini de voyager…

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Crédits photo : fr.wheelsage.org
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Fiche technique
Voiture
DeLorean DMC-12
Carrosserie
coupé
Années de production
1981-1983
Production
8583 exemplaires
Moteur
V6
Cylindrée
2851 cm³ 
Transmission
Propulsion
Boite de vitesse
manuelle 5 rapports
automatique 3 rapports
Puissance
130 ch
Accélération
0 à 100 km/h en 9,5 s
Vitesse maximale
200 km/h
Poids
1230 kg
Consommation mixte
10 à 15 L/100 km
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